mardi 25 octobre 2016

Petits mensonges et grosses supercheries...

Pour la 4ème fois en 2 ans, des associations environnementales ont alerté l'Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP) à propos des pratiques de communication de l'entreprise EDF.
Pour ceux qui n'ont pas suivi tous les changements de noms et de logos de ces dernières années, l'ARPP c'est l'ex-Bureau de vérification de la publicité (BVP), une association interprofessionnelle qui s'occupe de vérifier la sincérité des messages publicitaires. L'ancien nom était peut-être plus explicite.
Au sein de l'ARPP, un Jury de Déontologie Publicitaire (JDP) examine les plaintes qui lui sont adressées et émet avis et recommandations de modifications des messages publicitaires quand il estime ces plaintes fondées.

Ce 21 octobre et pour la 4ème fois en 2 ans, ce jury a estimé que la communication d'EDF était susceptible d’induire le public en erreur quant aux véritables impacts écologiques de ses activités  (voir le communiqué de presse de FNE à ce sujet).

Quatre rappels à l'ordre en 2 ans, cela doit être le record dans le domaine. Comme en outre certains de ces avis du JDP ne font que rappeler des recommandations précédemment émises, on peut être certain qu'il ne s'agit pas là de maladresses involontaires relevées par des associations qui harcèlent EDF et pinaillent sur des détails.
Il s'agit bien d'une volonté délibérée de l'entreprise EDF de faire passer des vessies pour des lanternes en se présentant comme « partenaire officiel d’un monde bas carbone ». En anglais, on appelle cela du Greenwashing. Et cela confirme donc que le Prix Pinocchio qui lui avait été décerné l'an passé pour son action dans le domaine était amplement mérité.

Et encore, l'ARPP ne s'est prononcée que sur les campagnes publicitaires d'EDF au niveau national. Si elle avait regardé en détail toute la communication faite par l'entreprise à propos de ses activités sur l'île de Sein, elle aurait vu que l'on atteint des sommets dans le domaine.

Comme par exemple quand son délégué régional surestime "face caméra" devant la presse, l'impact de l'éclairage sur la consommation totale d'électricité pour mieux duper le public sur l'impact réel de ses campagnes de distribution d'ampoules à LED financée par EDF. 
Ou quand EDF se présente comme un partenaire pour des « énergies propres » et de la « démocratie participative » au sein d'îles 100% fioul rebaptisées « territoires à énergie positive pour la croissance verte ». Alors depuis plus de 30 ans, des solutions technologiquement mûres et économiquement rentables basées sur les énergies renouvelables sont disponibles et qu'elle a refusé de les mettre en oeuvre. Comme elle a refusé la main tendue pour une collaboration avec IDSE qui constitue pourtant un exemple d'implication citoyenne et de démocratie participative.

C'est pourquoi il devient plus que jamais nécessaire que le monopole d'EDF sur la production et la distribution d'électricité sur les zones non interconnectées (ZNI) soit remis en cause. Que les règles de mises en concurrence des opérateurs, au mieux disant économique, environnemental, social etc... s'imposent aussi sur ces territoires. Comme le bon sens devrait l'exiger et comme heureusement les traités européens le prévoient. Mais pas la loi française malgré nos efforts pour la faire changer.

C'est pourquoi plus que jamais il nous faut nous mobiliser et mobiliser nos réseaux pour collecter l'argent nécessaire aux procédures judiciaires qu'IDSE et ATREIS ont engagées pour casser ce monopole et donner une chance à un opérateur alternatif qui dépenserait un peu plus d'énergie pour agir au lieu, et un peu moins pour faire croire faire croire qu'il agit.

L'argent est important (nous avons presque atteint le premier palier). Le nombre de contributeurs aussi (nous avons dépassé les 200). On peut, on doit faire mieux.
C'est la dernière ligne droite : il reste une petite semaine ! En avant pour le sprint final sur citizencase.org!

Damien Grenier, membre du bureau d'ATREIS.

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